Coup 2 Gueule !

 

Au départ, il y a la bienveillance, la tolérance et la générosité...

 

Originellement, le wokisme serait une ouverture d'esprit, un 'éveil' à toutes les formes de discriminations visibles et invisibles. C'est l'idée selon laquelle nos sociétés occidentales seraient régies depuis des centaines d'années par un rapport dominants / dominés, qui serait toujours le même : Les dominants seraient surtout les hommes blancs et les dominés, surtout les minorités ethniques, sexuelles, les femmes...

Ces militant.e.s du wokisme seraient donc trés vertueux, souhaitant alerter les gens non "éveillés" , dans une démarche de générosité, d'altruisme et de bienveillance. En réalité, ce mouvement est totalement basé sur la culpabilisation, l'intolérance et un ressentiment trés fort.

Je n'aurais jamais imaginé, qu’à l'instar du communisme, une nouvelle idéologie autoritaire "au visage souriant" comme celle-ci allait s'immiscer dans nos sociétés...

Comme l'explique Bérénice Levet dans on essai L'écologie ou l'ivresse de la table rase,  les wokistes "enferment chacun dans le cercle étroit de son identité de sexe, de race, de religion et l'incarnent dans la prison du présent

Dans OK Millienials! (en réponse au fameux "OK Boomers !" accusateur envers les boomers) Brice Couturier rappelle : "Nous étions colour-blind" (indifférents aux couleurs de peau) comme le prêchait Martin Luther King. Eux [les wokistes] ne voient que ça, la couleur, le genre, l'orientation sexuelle. Ils font de leurs identités des politiques. Chacune défendant ses intérêts au détriment des autres et donc de la société toute entière"

 

 

La sociologue militante Robin Di Angelo parvient à faire payer des blancs - déjà convaincus - 500€ par personne la conférence, où elle leur explique qu'ils sont des racistes dominateurs intolérants... Un bel exercice d'auto flagélation.

 

Désolé pour le délit de faciès, mais tout dans son visage respire la rigidité et l'intolérance...

Viennent ensuite les dérives dans tous les domaines....

 

Dans la société en general : L'idéologie bienveillante du wokisme provoque en réalité, au mieux, un éloignement, une séparation des citoyens entre eux et au pire, beaucoup de tensions et de violence.. Cette hyper-sensibilité / susceptibilité, cette paranoïa d'un racisme systémique, ce goût pour la victimisation, me désole. Elle ne fait avancer personne selon moi. C'est complétement stérile. Aujourd'hui, les anti-racistes, les néoféministes n'acceptent de discuter qu'avec d'autres militants partageant les mêmes idées. Le débat contradictoire n'est plus possible.

 

Bon essai de la soudano-américaine Nesrine Malik, qui tente de faire dépasser les ressentiments et tensions liées à cette idéologie.

 

Les néoféministes osent affirmer que pour lutter contre le harcèlement de rue dans les quartiers populaires de Paris, il faudrait ... "élargir les trottoirs" (dixit Caroline De Haas) A ce niveau d'aveuglement idéologique, que dire ??

En effet, comme je le rappelle dans mon article sur la victimisation, il ne faudrait pas stigmatiser une minorité déjà oppressée.. Avec le wokisme, la tolérance, la générosité sont à géométrie variable.

 

 

Dans le rendu de la Justice : Il faut bien se rendre compte que le wokisme gangrène tous les milieux ou professions. Les magistrats n'y font pas exception. Lorsque la droite accuse les juges d'êtres laxistes, complaisants envers les délinquants, les représentants de la gauche rétorquent que les juges sont indépendants et impartiaux, neutres. C'est une ineptie totale. A l'instar d'un journaliste, les juges ne sont jamais neutres. Avant d'être des juges, ils sont avant tout des femmes et des hommes avec des convictions politiques et idéologiques. Or, on leur confit le rôle de juger. Donc leur impartialité est totalement discutable.

Comme l'explique le magistrat Jean-Eric Shoettl, le curseur de "l'Etat de droit" , un principe démocratique essentiel et légitime, est poussé à son extrême gauche pour satisfaire à l'idéologie de beaucoup de juges. L’État de droit "devient une religion dont les droits fondamentaux sont les dieux et le juge, le Grand Officiant"    Le curseur de l’État de droit n'est jamais figé, mais il doit normalement servir l’intérêt general (loi informatique et libertés, loi renseignements etc...)

 

 

 

Dans les arts et la culture : Au nom de la bien-pensance non-offensante, un véritable délire de censure autoritaire s'insinue peu à peu dans la littérature, le cinéma...

 

Spécialiste de l'esthétique, auteure d'un essai sur la censure dans les arts, Carole Talon-Hugon a été chahutée lors d'une intervention dans une université à Nice.

 

En 2020, l'académie américaine des Oscars à décrété que pour concourir au festival, il faudra désormais remplir certaines conditions : Un quota de minorités,  d'handicapés, de représentant.e.s LGBT dans les 1er et 2nd rôles. Par ailleurs, la trame du film devra intégrer, d'une manière ou d'une autre, la question des minorités oppressées etc..  Je trouve ça terrifiant. Le politiquement correct poussé à son paroxysme détruit la liberté d'expression.

On a également beaucoup parlé de ces "avertissements culturels "ajoutés aux génériques des anciens films Disney sur les plateformes VOD.

A l'Opéra, Carmen a été "revisité" (quelle prétention...) pour empêcher le 'féminicide' de l’héroïne.

Les minorités prétendument oppressées estiment également qu'aucun représentant des "dominants" ne peuvent parler ou écrire en leur nom. Un exemple : Marieke Lucas Rijneveld, talentueuse auteure néerlandaise blanche, avait été choisie pour traduire le fameux texte d'Amanda Gorman, jeune poétesse noire, sur la tolérance et la concorde du peuple américain... Eh bien, Marieke Rijneveld a du renoncer, suite aux nombreux reproches en légitimité  énoncés sur les réseaux sociaux.

Amanda Gorman avait pourtant donné son aval, et Marieke cochait une case trés appréciée : Elle se définit comme non binaire, ni homme, ni femme (sic)

 

En France, le texte d'Amanda Gorman a été traduite par une artiste noire, Lous & The Yakuzas.

 

Les Dix petits Nègres, rebaptisés Ils étaient dix, selon le souhait du fils d'Agatha Christie

 

Dans le sport : On demande maintenant aux sportifs de participer à des actions "vertueuses", clairement militantes, en dehors de tout lien avec le sport. Cela pose vraiment la question de la liberté d'expression, surtout dans les sports collectifs.

 

La "cérémonie" du genou à terre en hommage aux victimes noires de "violences policières" : Il serait mal vu de ne pas y prendre part...

 

Lorsque la FFF à lancé une opération spéciale de soutien à la communauté LGBTQ+, en demandant à ses joueurs de porter un maillot special, le footballeur Idrissa Gueye à expliqué qu'il "ne souhaitait pas prendre pas à cette initiative". Le Conseil National d’Éthique à alors répondu de façon singlante et désobligeante : "En refusant de participer à cette opération collective, vous validez, de fait, les comportements discriminatoires, le refus de l'autre et pas uniquement contre la communauté LGBTQI+"   En substance, refuser ce genre de propagande vous rendrait suspect d'homophobie.

 

 

Dans les écoles, les universités : L'idéologie woke pourrait sembler trés minoritaire, mais elle infiltre en réalité de plus en plus d'établissements scolaires, d'universités. Cela se manifeste par une minorité bruyante d'élèves, qui parvient parfois à se "débarrasser" d'une professeur qui ne correspond pas à leur façon de penser. Comme Kathleen Stock en Angleterre.  Cette professeur de philosophie a présenté sa démission de l'université de Sussex après des semaines de harcèlement. Dans une interview à la BBC, elle qui fut et reste une ardente militante féministe des droits des personnes homosexuelles, critique une mouvance «woke» totalitaire et dénonce les lâchetés de l'université britannique. On trouve aussi de plus en plus de professeurs eux mêmes idéologisés. Ils influencent leurs élèves, soutiennent les candidats thésards du même courant de pensée ... qui deviendront eux-mêmes professeurs..

Un autre exemple trés parlant  : En 2018, les chercheurs américains Helen Pluckrose, James Lidnsay et Peter Boghossian ont fait une démonstration par l'absurde de cette censure idéologique dans les universités. Au comité de lecture d'une université américaine, ils ont proposé des textes absurdes, mais tout à fait dans la veine du wokisme, avec tous les éléments de langage habituels. En vue d'une conférence : Par exemple, "rampante culture du viol chez les chiens", dont certaines races souffriraient d'une "oppression systémique". Un autre dénonçait l'astrologie comme "une pratique masculiniste et sexiste". Eh bien, 7 textes dans cette veine ont été acceptés... Le plus éloquent est lorsqu'ils ont tenté de remplacer les mots " Juifs" par "Blancs" dans des passages de Mein Kampf. Il fut refusé, mais reçu les éloges de nombreux universitaires....

Enfin, il ne faut pas oublier la discrimination positive, qui consiste à accorder à certaines populations, des facilités lors de la sélection d'entrée dans des écoles supérieures. Science Po s'en ait faite la championne, privilégiant des élèves de banlieues défavorisées, plutôt que d'autres élèves aux excellents dossiers (suppression de l'épreuve orale, jugée trop discriminante etc) Mais c'est se tirer une balle dans le pied, car je ne donne pas chère de la valeur, de l'aura de cette école dans quelques années...

 

Ce qu'il faudrait, c'est donner, en amont, les mêmes chances à tous de réussir ces concours.

 

Dans l'histoire : Les militants wokistes déboulonnent les statues des personnages controversées de l'histoire colonialiste européenne. Ils refusent de considérer le contexte d'une époque pour nuancer - et non pas excuser - cette période. Ces citoyens bienveillants (sic) exigent la repentance totale des blancs pour les crimes de l'esclavage par exemple. Mais bien entendu, ils n'évoquent jamais l'esclavagisme arabo-musulman, qui a pourtant duré bien plus longtemps.
 

 

 

Statue d'Edward Colson, UK

Quelle est la finalité du wokisme ?

 

Je pense que c'est une question centrale. A court et moyen terme, l'objectif des militants, est surtout d’acquérir le statut de victime, qui est devenue une véritable ressource sociale. Ils exigent d’être protégés de la moindre contrariété, de la moindre prétendue offense à leur genre, à leur orientation sexuelle, à leur physique. Biberonnés aux relations virtuelles, un débat en face à face leur est souvent pénible.

Concernant les blanc.che.s "repenti.e.s", souvent militant.e.s, le but est de se donner bonne conscience à moindre coût (et de l'afficher)

 

Cependant, je pense que la véritable finalité de cette idéologie n'est certainement pas un meilleur "vivre ensemble" , une société "apaisée". Le véritable objectif est selon moi tristement classique : L'Histoire nous a bien montré que lors de la plupart des révolutions, les oppressés se muent en oppresseurs... Aussi, les minorités soit-disant victimisées veulent des excuses, des réparations sociales et financières, mais surtout la prise du pouvoir, afin d'appliquer leurs nouvelles règles, à la hauteur de leur immense ressentiment. 

C'est pourquoi, comme l'explique la youtubeuse Thaïs d'Escufon - qui ne manque pas du courage contrairement à la meute wokiste - si les jeunes femmes blanches militantes se pensent "à l'abri" en soutenant cette idéologie, c'est une erreur. Elles seraient balayées comme les autres en cas de prise de pouvoir ...

Pour conclure, je dirai qu'un système va toujours au bout de sa logique. Donc le wokisme risque de revendiquer sa bêtise stérile encore un bout de temps.

Quelques essais salutaires 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un roman que l'on pourrait qualifier "d'anticipation". Assez effrayant, dans cette descente aux enfers d'un ancien militant d'une  gauche républicaine, face à la terreur du wokisme et de la cancel culture :

 

 

 

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